Chaque jour, l'actualité de notre continent est passée au crible de théories conçues ailleurs, sous d'autres latitudes et pour d'autres réalités. Cette dépendance conceptuelle nous empêche de saisir la singularité des transitions en cours chez nous. Il ne s'agit pas de rejeter le savoir universel, mais de bâtir une autonomie de pensée capable de nommer nos propres défis.
Le piège des concepts prêts à penser
Les théories du développement ou de la transition démographique plaquent souvent une trajectoire linéaire sur des trajectoires africaines fondamentalement hybrides. En adoptant ces terminologies sans recul critique, nous condamnons nos institutions et nos projets de société à être perçus comme d'éternels retards ou anomalies à corriger.
Forger notre propre vocabulaire politique
La souveraineté intellectuelle commence par la réappropriation des concepts. Nous devons analyser nos dynamiques communautaires, nos structures économiques informelles et nos expressions artistiques à partir de réalités vécues. C'est en nommant nous-mêmes nos aspirations que nous cesserons d'être les spectateurs passifs de notre propre histoire.
